Les Canotiers de Santeuil

21 juin 1908. Comme chaque année, Léon Chambertin, le maire du petit bourg de Santeuil, a invité ses concitoyens à venir fêter l’arrivée de l’été dans son domaine. Au programme : déjeuner sur l’herbe, canotage sur l’étang, promenades bucoliques, bal populaire, sans oublier l’élection de la Rosière, titre tant convoité par les jeunes filles de la région !

À dire vrai, le programme des festivités est semblable à celui d’une centaine d’autres petits bourgs nichés entre deux collines verdoyantes d’un coin de France. La vie y est tranquille. Les habitants ont les pieds solidement campés dans les traditions et la tête tournée vers le progrès, l’aviation et les nuages ; ici, on rêve la modernité plutôt qu’on la vit. Le chemin de fer contourne soigneusement la commune. On n’a pas voulu de la gare à l’époque. Certains s’en mordent les doigts, mais la plupart des habitants s’en moquent. À quoi bon un chemin de fer ? Pourquoi vouloir aller plus vite, pourquoi accélérer, alors qu’ici, on a le lac et la douceur de l’été ?

Oui, vraiment, personne n’aurait jamais entendu parler de Santeuil si un jour Villica n’avait décidé d’y poser son chevalet. Ce peintre extraordinaire a fait figurer sur ses toiles non seulement les bleus et les ors du lac, mais aussi la douceur de l’air et la rumeur des insectes agaçant la lumière des jours d’été. Les tableaux sont partis à Paris et bientôt les couleurs de Santeuil ont ravi les salons de la capitale.

Villica n’est plus, mais le regard tendre qu’il a posé sur les lieux existe toujours. Il se devine dans les coups de pinceaux vifs des peintres qui peuplent les berges du lac, dans l’éclat de rire des jeunes gens en fleurs, dans les plis étudiés des toilettes des Parisiens en goguette, dans le clapotis d’une rame brisant la surface de l’eau, et dans l’odeur des foins coupés ; parfois dans le vrombissement d’un moteur troublant une sieste, et toujours dans la langueur d’un rayon de soleil caressant le front des canotiers endormis.

Quelques mots de l’ambiance et des attentes :

Nous vous invitons à vivre une journée dans l’ambiance de la fin de la Belle-Époque et des impressionnistes, telle que nous la rêvons, et non sous la forme d’une reconstitution historique. Des aides de jeu spécifiques viendront éclairer le contexte, il n’est donc pas nécessaire d’être féru d’histoire ou d’histoire des arts pour participer.

Nous avons écrit ce jeu en 2014. Notre intention était de proposer une expérience basée sur les émotions positives. Très vite s’est posé à nous le problème suivant : comment aller contre l’adage “les gens heureux n’ont pas d’histoire” ? Nous ne prétendons pas avoir trouvé la réponse tant il est ancré en nous que les histoires se construisent à partir de conflits, de tensions et de péripéties. C’est d’ailleurs ce que vous trouverez dans le jeu – des conflits, des tensions et des péripéties.

Nous avons donc réfléchi à l’amplitude des événements que vont vivre les joueurs et la plupart sont à portée de vie quotidienne. S’il y a, par endroit, un zeste d’aventure, celui-ci n’a pas pour but de submerger le jeu. Il se tient à la marge – à peine un remous qui vient rider l’eau du lac. Il se peut que les émotions débordent, mais elles le feront doucement, tout au long de la journée. Nous n’avons pas évacué tous les drames et, pour certains, la journée sera moins rose que pour d’autres, mais il y existe pour tous nos personnages la possibilité de trouver au moins l’apaisement, sinon la gaité.

Avant tout, notre GN est placé sous le signe de la douceur de vivre et se veut être une tranche de vie légère et insouciante. Nous attendons des joueurs qu’ils profitent avec leur personnage de cette parenthèse bucolique, redonnant vie pour quelques heures aux plaisirs doux des parties de campagne.

À propos du jeu :

Les Canotiers de Santeuil est un GN lent et sans événements dramatiques pour trente-deux joueurs. Nous vous invitons, avant de vous inscrire, à lire la critique du jeu (http://www.electro-gn.com/8907-les-canotiers-de-santeuil) pour bien comprendre l’esprit et l’ambiance recherchés.

Le GN est organisé au gîte de Beaulieu, entre les villages du Plessis-Dorin (41) et Montmirail (72) du 3 au 5 juillet 2020 (les joueurs sont attendus sur le site le vendredi soir entre 18h et 20h, le jeu commencera le samedi matin et se terminera dans la nuit ; un brunch amical sera organisé le dimanche après une bonne nuit de sommeil afin de débriefer et de tout remettre en ordre).

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 21 février.

Environ un tiers des rôles sera attribué selon des critères obscurs, injustes et propres à la volonté des orgas. Pour les autres, nous procéderons à un tirage au sort.

La PAF de 90 € (à laquelle il faudra ajouter 5 € d’adhésion à l’association RAJR et la carte FédéGN, ou Pass 1 GN à 2 € pour l’assurance) sera à régler ultérieurement (un paiement en plusieurs fois est possible, un système de PAF solidaire à 40 € au lieu de 90 € est également proposé). Elle comprend l’hébergement pour deux nuits (couchage en dortoir collectif principalement) et les repas du samedi matin au dimanche matin.

Le jeu étant très dépendant de la météo, il sera annulé en cas de mauvais temps et remplacé par l’organisation de jeux de plateaux et de GN à petits format. La PAF ne sera pas remboursée.

D’autre part, nous signalons aux futurs joueurs qu’il y aura de nombreux PNJ, dont des enfants.

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